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#GirlBoss Épisode 2 : Pascale Venot, PDG et fondatrice de l’agence de presse Pascale Venot

Dernière mise à jour : 21 sept. 2021



Nous nous retrouvons ce mois pour un nouvel article sur le thème des femmes puissantes, en partant à la découverte de Pascale Venot, que j’ai eu la chance de rencontrer en compagnie de notre Kalon #girlboss Sophie.

Pascale Venot a créé sa propre agence de relations presse et de relations publiques spécialisée dans le luxe et les produits de grande consommation, et la dirige d’une main de maître depuis plus de 20 ans. Le Bureau de Presse Pascale Venot s’occupe de nombreux clients prestigieux français et internationaux et a gagné tant un savoir-faire, qu’une expertise dans les secteurs du tourisme, du sport, du luxe, de la mode, de la beauté, de la gastronomie, des médias, de la décoration, etc., autrement dit, dans l’univers complet du lifestyle, aussi appelé l’art de vivre.

Pascale Venot nous a donc reçu dans ses bureaux, en compagnie d’une partie de son équipe, Nathalie, l’une de ses plus anciennes attachées de presse et Fatiha, une jeune recrue très prometteuse. En effet, Pascale Venot correspond bien à l’image que l’on peut avoir d’une cheffe d’entreprise influente, puissante et respectable ; généreuse en compliments sur ses équipes et ses clients, elle ne cesse de les mettre sur le devant de la scène ! On ressent qu’être protectrice envers ses collaborateurs lui tient à cœur et c’est avec son énergie communicative et sa passion qu’elle s’est livrée à nous, en toute transparence.


Pouvez-vous me parler de votre parcours ?


Mon parcours est plutôt atypique, car je n’aimais pas beaucoup l’école quand j’étais enfant. Et quand je regarde en arrière, je me dis que je ne sais vraiment pas ce que j’aurais pu faire d’autre… Mis à part travailler dans une ferme entourée d’animaux que j’aurais sauvé ! Et j’aime les animaux, mais j’aime autant les humains et leurs histoires, qui me passionnent ; et c’est ainsi que le métier des relations presse est venu à moi, plus que je ne suis venue à lui.

D’ailleurs, on se rend encore plus compte aujourd’hui, avec cette pandémie mondiale qui nous oblige à nous isoler, que même si le distanciel est une solution, l’humain reste au cœur de tout et on a besoin de se regrouper, de se retrouver et de contact réel pour se nourrir mutuellement. Dans ce métier, on a justement la chance de voir et de découvrir beaucoup de monde, et encore plus dans cette agence, qui n’est pas spécialisée dans un domaine particulier, ce qui permet de travailler sur un panel énorme de secteurs : de crèmes glacées, aux hôtels les plus luxueux par exemple !


En quelques mots, comment ont été les débuts de l’agence ? Se lancer seule est un véritable challenge, à qui avez-vous demandé de l’aide et sur qui avez-vous pu compter dans ces moments-là ?


J’ai eu deux grandes expériences qui m’ont forgées et qui m’ont permises de me lancer : tout d’abord, ma première expérience professionnelle au Printemps Paris Haussmann, où j’ai commencé en tant que stagiaire, puis évolué au poste d’assistante de la direction des relations presse et relations publics. Ce qui était particulièrement intéressant, c’était la diversité des secteurs sur lesquels on était amené à travailler : de la mode, de la beauté, de la décoration, des grandes expositions du côté de l’évènementiel, etc. Et surtout, c’est grâce à cette expérience que j’ai pu créer mon carnet d’adresses !


Après ça, j’ai intégré l’agence de presse spécialisée dans le luxe dans les années 1980, l’agence Carole Bracq et c’est là où j’ai véritablement appris la culture du luxe. Carole Bracq était véritablement précurseure dans ce domaine et elle a été la première à s’inspirer des codes à l’américaine. Avec elle, j’ai appris la rigueur et la structure, car j’ai un petit côté rebelle… Et surtout, j’avais déjà de jolis budgets, des hôtels et du champagne par exemple, ce qui constituait en fait les prémices de l’art de vivre, une notion qui n’existait pas vraiment à l’époque. Or, si les agences ciblaient toutes la mode, aujourd’hui elles ont toutes dû s’orienter vers le lifestyle.

Le lifestyle aujourd’hui ça peut être un cours de danse, une remise en forme, des voyages, des hôtels, des restaurants, la culture, ça touche à tout ce qui fait les joies de la vie en fait ! Et donc la chance que j’ai eue, c’est de m’y plonger avant tout le monde par affinité ! En effet, quand j’ai lancé mon agence, avec une ancienne collègue et une amie, autour de la notion d’art de vivre, non seulement ce sont des secteurs qui me passionnaient, mais en plus j’étais en avance sur la tendance ! Nous avons donc grandi doucement, en commençant notamment avec le chef étoilé Alain Senderens, lui aussi très avant-gardiste, puisqu’il a été l’un des premiers à rendre ses étoiles !



Pouvez-vous me décrire l’évolution du métier, qui a forcément énormément changé depuis 1995, avec l’avènement des réseaux sociaux ?


En effet, on a pris l’évolution du métier de plein fouet ! Heureusement, comme l’agence était déjà lancée, on avait la chance d’avoir de gros clients, c’est-à-dire des marques internationales, telles que Reebok, Asos ou Airbnb, et il se trouve que ce sont elles qui nous ont éduqué dans cette transition vers l’usage des réseaux sociaux et du digital de manière plus générale.

Le métier des relations presse s’est en fait démultiplié avec l’apparition des réseaux sociaux, et cela permet non seulement une plus grande créativité, mais aussi d’avoir un budget plus simple à gérer. Et je trouve que cette instantanéité permise par le digital est une bonne chose, car ça rend les choses plus spontanées, ça créé plus d’opportunités et moins de contraintes : il n’y a pas de format, il n’y a pas trois mois de délai de bouclage, on peut s’insérer dans des accroches plus modernes, et si on commet une erreur, on peut la modifier… Et les outils que nous fournissent ces réseaux sociaux, tels que les lives ou les podcasts, sont autant d’opportunités pour nous, attachés de presse, de propulser nos clients sur le devant de la scène !

En fait, les réseaux sociaux sont devenus de véritables nouveaux leviers de communication qu’il faut savoir utiliser et exploiter ; on a donc tout simplement pris le train en marche !


Sachant que votre agence est extrêmement demandée, comment choisissez-vous vos clients ?


Elle est demandée, mais on n’est jamais assez demandé en réalité ; il faut rester humble ! Et surtout, il faut essayer de gérer les petites marques aussi bien que les grosses. On essaie donc de toujours bien calibrer et équilibrer les missions en fonction des attentes de la marque dont on s’occupe ; par ailleurs, au sein de l’agence, on essaie aussi de trouver un équilibre pour que chacune des attachées de presse soit affiliée à un pôle : le pôle déco, beauté, voyages, etc., afin qu’elle puisse réellement développer l’opportunité de devenir une experte dans son domaine. Bien sûr, il peut arriver que l’une d’entre nous doive s’occuper d’un client dans un domaine ou un secteur tout à fait inattendu, mais c’est aussi tout l’intérêt de ce métier ! C’est ce qui permet de découvrir de nouvelles personnes, avec de nouveaux projets, dans un domaine qui nous est initialement inconnu et dont on va devenir une experte ; car c’est un métier qui ne s’improvise pas et certains secteurs requièrent un discours extrêmement pointu !


Par ailleurs, je dirige, mais je délègue énormément : j’aime les gens et je leur fais confiance ! C’est en partie sur ces critères que j’ai recruté les membres de mon équipe ; j’ai donc une grande capacité à prendre du recul par rapport aux situations, ce qui me permet, je pense, d’être juste, lucide et de garder une vision globale.


En tant que femme entrepreneuse, qu’est-ce que ça implique d’être une femme dans le milieu des affaires, qui était jusqu’alors plutôt composé d’hommes ?


A dire vrai, les relations presse sont plutôt un métier « de femme » à la base, donc non, je n’en ai pas trop souffert. Et en plus, j’aime vraiment travailler et collaborer avec des femmes ! Même si je pense que c’est plus difficile de diriger des femmes que des hommes, car la plupart d’entre elles ont beaucoup d’états d’âme, elles se posent beaucoup de questions, elles pèsent longuement le pour et le contre afin de prendre la meilleure décision et vont toujours chercher à anticiper. Or, tout cela peut les angoisser, et donc, en tant que cheffe, je dois être capable de les rassurer face à tous ces doutes. Et puis, j’ai également trois filles… Donc on forme une espèce de clan toutes les trois !

Pour autant, on s’est tous pris des coups dans nos vies, et c’est ce qui nous forge tous ! On traverse les épreuves, on apprend de ses erreurs, et puis, on rebondit ! Rebondir après un coup dur, je crois que c’est vraiment ça qui m’a permis d’en arriver là aujourd’hui.

Le facteur chance existe aussi… Et lorsque cette chance se présente, il faut avoir le courage de la saisir. Et bien sûr, le travail ! Je travaille tout le temps et j’adore ça… Du coup, les contraintes, je me les donne moi-même aussi. Il n’y a pas une soirée où je ne travaille pas, mais ça ne me dérange pas, c’est mon équilibre ; et en plus, j’ai la chance aujourd’hui d’être extrêmement bien entourée.


Avez-vous toujours pour projet de créer une école spécialisée dans les relations presse ?


La période que l’on est en train de vivre est extrêmement perturbante, et pour autant, c’est une période qu’il faut vivre avec un maximum de positivité et aller de l’avant. Même si à l’heure actuelle les entreprises et les artisans ne gagnent pas forcément d’argent, ils continuent à se développer et je suis agréablement surprise par la créativité et l’inventivité de tous dans ce contexte ! Tous cherchent des manières de se réinventer, ou de nouveaux concepts. Et un jour, c’est un sujet que j’ai évoqué avec les femmes qui travaillent depuis longtemps avec moi, comme Nathalie, Barbara ou Virginie, je pense que ce serait un formidable projet de créer une école de relations presse et digital ! Je pense d’ailleurs qu’il n’y a pas de chômage dans la communication et que c’est un secteur qui restera épargné par les crises, parce qu’on continuera à communiquer, quoi qu’il arrive.


Quels conseils donneriez-vous pour concilier au mieux une vie de femme, de maman et de PDG, le tout en gardant une énergie à toute épreuve ?


Il faut essayer d’être excellent partout et en permanence et c’est bien ça le plus compliqué ! Toutefois, pour moi, le plus important c’est la vie personnelle, il n’y a même pas de débat ! Et ça l’est d’autant plus lorsqu’on est maman de trois filles, d’un chien et qu’on est accompagnée d’un homme formidable ! Ce qui est certain, c’est qu’avec la richesse de mes rencontres et la maturité que j’ai acquise, j’ai compris qu’il ne fallait plus vivre que pour le meilleur ; même si on a ce besoin en nous, en tant que femmes, d’avoir à cœur de prendre soin de tout notre entourage, il faut également apprendre à ne pas s’oublier et à tâcher de ne vivre que des moments de bonheur.

Évidemment, aujourd’hui mes filles sont grandes et ont quitté, ou sont proches de quitter le nid, mais quand elles étaient petites, c’était très difficile… Donc j’avais des super nounous ! Et surtout, j’ai pris soin de toujours avoir des moments de qualité avec mes filles et de communiquer au mieux avec elles, en leur expliquant pourquoi je devais parfois m’absenter. Mais j’étais là quand il le fallait, pour les moments importants, et je leur dis que je les aime, souvent, tout le temps !


On a tous et toutes un petit péché mignon auquel on ne peut résister, surtout lorsque la tension du quotidien est trop forte, accepteriez-vous de nous dévoiler le vôtre ?


La gourmandise, le sucre… (Nous dit-elle avec une silhouette plus longiligne que celle d’une danseuse !) Pour tout vous dire, je regarde toujours le dessert en premier et je construis mon repas en fonction du dessert que j’ai choisi ! J’aime tout ce qui fait (normalement) grossir : les Saint-Honoré, les cafés Liégeois, les religieuses au chocolat, les flans, les meringues au chocolat, les mille-feuilles, et par-dessus tout, les glands à la crème pâtissière !

Et sinon je dois dire que j’adore les animaux… J’ai la sensation d’avoir une sensibilité et une empathie envers les animaux, et particulièrement les chiens, beaucoup plus profonde avec les années. J’en ai un moi-même, mais vous voyez qu’on en a qui viennent au bureau, ils sont en liberté, ils viennent nous voir pour se faire cajoler, ils ont des heures régulières de promenade, etc.


Pour clôturer cette interview passionnante et pour suivre l’exemple de partage qu’est Pascale Venot, nous avons une dernière question pour Nathalie : Qu’est-ce qui fait de Pascale une super boss ?


En toute honnêteté, il y a beaucoup de choses ! Je commencerais par le fait qu’elle nous laisse beaucoup de liberté ; elle ne donne pas sa confiance facilement, mais une fois qu’on l’a obtenue, elle nous laisse une grande autonomie.

On n’est pas dans un climat compétitif, dans lequel on devrait se justifier constamment du contrat qu’on a décroché, car ce n’est pas ce qu’elle recherche : elle sait parfaitement quand ses équipes travaillent bien, puisque si ce n’est pas le cas, les clients l’appellent alors directement !

Nos clients sont nos curseurs, nous nous adaptons à leurs besoin et Pascale tient vraiment son rôle de « capitaine du navire » en nous laissant l’opportunité de lui prouver qu’on est à la hauteur.

Elle est aussi toujours valorisante lorsqu’elle parle de ses équipes et c’est de là que vient notre motivation au quotidien.




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